Les sites de Jean-Luc Michel

POURQUOI LES MONTRES ?




Très tôt, je me suis intéressé aux montres «techniques».

Avoir une belle montre à son poignet, c'est comme s'approprier un peu d'une aventure humaine que l'on a partagée, quand on en a eu la chance, ou à laquelle on s'identifie si on ne l'a pas eue.

Tous les amateurs de montres le savent : quand ils portent leur regard sur le cadran, ce n'est pas toujours - ou pas souvent - pour lire l'heure…

C'est pour se sentir en relation ou en communion avec un bel objet.

Très souvent, on associe la montre au luxe et le luxe à l'ostentation. C'est souvent vrai, mais pas toujours. Et pas pour les amateurs d'horlogerie. Certains gardes-temps de très grand prix n'affichent aucune ostentation. Hors les connaisseurs, personne ne peut s'imaginer leur prix.

Un ancien président de la République s'étant fait critiquer pour arborer un peu trop souvent sa Rolex la changea pour une innocente Patek Philippe coûtant quatre fois le prix de sa Rolex…  (la rumeur dit que ce fut son épouse qui lui imposa cette marque connue seulement des connaisseurs).





















Après une petite Oméga (je crois bien mais sans être certain ?) offerte par mon grand père maternel pour un anniversaire important, ma première "vraie" montre choisie - et désirée pendant de longs mois, fut  une Yema SeaHunter de plongée.


Pour sourire, me voici avec cette belle Yema dans les années 1970…




LA MONTRE

DE MA VIE ?



A l’aube de mes 25 ans, ce fut un achat qui devint celui d’une vie : le Navitimer Breitling, modèle Cosmonaute avec un cadran 24 heures. Il a été mon garde temps unique pendant une quarantaine d'années sans que jamais  je ne me pose la question de le remplacer.

Je lui ai consacré une page entière de description (cliquer sur l'image).





























A la faveur d’une méchante fracture de la cheville, survenue en 2015, l’année de ma retraite universitaire, le Navitimer connut une nouvelle grosse casse (ce n'était certes pas la première) :

A l’issue de sa réparation, l’horloger me dit, comme en parlant d’un malade proche, que le chrono se faisait un peu vieux et qu’il fallait en prendre le plus soin, sinon d’autres ennuis plus graves pouvaient advenir…

Pour me rendre moins difficile la longue séparation due à la réparation, il me proposa un adorable petit chronographe des années 1960, un Doxa équipé du célèbre mouvement Valjoux 23, considéré dans les années 1960 comme la Rolls des mouvements de chronographe.












LES AUTRES MONTRES

DE MA VIE…



Comme le Navitimer tardait à revenir, que l’immobilisation de presque six mois due à cette chute me laissait un peu de temps libre, je me mis en recherche d’un autre rêve de jeunesse, jamais réalisé : La Speedmaster, la Moonwatch d’Oméga, la montre de la Lune et de la conquête spatiale.

En fréquentant les forums dont FAM, je finis par trouver l'oiseau rare : un Speedmaster de 2002 en parfait état vendu par un sympathique amateur, qui me confia, une fois la vente réalisée, qu'il regrettait de s'en être séparé et qu'il allait sûrement en racheter un autre… 

Passion, quand tu nous tiens.




















Depuis cet accident de 2015, ma vie a changé : L'homme d'une seule montre que j'étais avec son Navitimer de Breitling peut à présent alterner plusieurs chronographes.












Quand on a été fidèle à une seule marque quarante années de suite, sans jamais avoir de reproches à lui faire, cela fait tout drôle.

Mais finalement, changer de partenaire n'est pas si désagréable.






OSTENTATION

OU PASSION ?



Le publicitaire Jacques Séguéla a eu un jour une phrase de provocation bien malheureuse qui lui a longtemps collé à la peau : "Quand on n'a pas une Rolex à 50 ans, on a raté sa vie". Depuis ce jour, j'ai parfois plaisanté en retournant le compliment : "Quand on attend 50 ans, c'est bien tard pour une Rolex, moi j'avais déjà une Breitling à 25…"

Les pages de ce petit site vont essayer de montrer que la vraie passion des montres n'a rien de l'ostentation car certaines sont plus que modestes. Elle tient  à une forme d'éthique de la perfection. Perfection mécanique, esthétique et une sorte de longue ascèse dans une quête personnelle dont les gardes-temps ne sont que les marqueurs.

Certains collectionneurs ne portent que rarement leurs montres de peur de les abimer, ils les mettent parfois dans un coffre fort. Pour ce qui me concerne, je les porte sans arrêt, sans précaution particulière, sauf l'eau…

Rien n'est épargné au chrono   Speedmaster : bricolage, travaux des champs, exactement comme avant lui ce que je faisais subir à mon Navitimer.

Une dernière idée sur le luxe et l'ostentation. Bien sûr, ces montres peuvent n'être que des objets de luxe destinés à afficher une image valorisante de soi, voire à susciter l'envie ou la jalousie. Ceci est assez connu pour ne pas insister.

Mon approche est radicalement différente. J'ai d'ailleurs la même pour la photo ou la haute fidélité :  quand on possède et quand on se sert d'un objet de haute qualité, conçu par des personnes incroyablement ingénieuses, ceci nous pousse à être au meilleur de nous mêmes. On peut dire qu'on doit tout faire pour "être à la hauteur". Ce fut ma motivation d'achat de tous ces objets techniques depuis la Yema de mon enfance, puis le Navitimer jusqu'à la Speedmaster.

Et si l'on veut aborder la question des prix, je dispose de quelques magnifiques catalogues Breitling, les Chronolog : Le Navitimer Cosmonaute en bracelet cuir coûtait 3 660 € en 2004 contre 7000 € en 2015 !!  Qu'est ce qui a justifié cette augmentation incroyable ?

Il en est presque de même pour la Speedmaster, mais ça ne m'empêche pas de la porter sur mon tracteur et de jardiner avec…














Les montres et les chronographes