Un système sur mesure en 2022

 



 

LA CONCEPTION DE NOS ENCEINTES

D’emblée, José nous proposa de repartir du prototype qu’il nous avait réalisé pour l’Ardèche en lui apportant des améliorations de son crû. L’enjeu était de taille car nous avons la chance de disposer de beaux matériels depuis longtemps. De plus, la grange de l’Espinas atteint presque 25 m de long pour 6 m de hauteur et 6 m de largeur avec des murs et des sols en granite et une charpente tricentenaire en châtaignier.

Bref, il fallait oser.

Il est parti des premiers travaux de Dave Wilson (Wilson Audio) avec ses Wamm pour en faire une version toute personnelle en conservant l’idée du traitement des phénomènes vibratoires. José se reconnaît des précurseurs comme Wilson, Linn ou Goldmund, mais au contraire de ces compagnies devenues mondiales, il veut rester dans une démarche artisanale privilégiant avant tout la plus extrême qualité et le sur mesure en fonction des attentes de ses clients mélomanes. Dans ses références françaises, on pourrait citer Geoges Bernard ou Christian Yvon.

Ci dessus, à droite; Georges Bernard lors de la conception des enceintes Epilogue de Goldmund. Elles succédaient aux célèbres Apologue. Cliché emprunté au site AudioArts de Gideon Schwartz de New York. Un magasin exceptionnel qu’il faut aller visiter (au moins sur le net !).

Pour les basses, on retrouve le caisson avec ses deux HP Kef elliptiques, mais il est doublé d’une partie arrière sablée qui agit sur l’équilibre total de l’enceinte car, au contraire de la version ardéchoise, celui-ci repose sur un énorme tube d’acier chargé d’écouler les vibrations parasites  en empêchant que les résonances du local ne remontent. Je sais que je ne suis pas très clair ou précis. Mais c’est toujours le même principe extrêmement difficile à mettre en œuvre : évacuer les vibrations vers le sol tout en empêchant celles venant du sol de remonter…  Si vous voulez plus de renseignements, José est toujours ravi de répondre aux questions…

Ce caisson est surmonté d’un autre plus petit posé sur des accordeurs Hippocrène. Il contient deux mini enceinte métalliques accolées avec leurs HP medium et twitter. A l’arrière de ce caisson, un second volume indépendant reçoit les filtres massifs et très lourds. J’ai juste repéré qu’ils possèdent d’énormes bobinages…

Deux pieds arrière en métal équilibrent l’ensemble. Comme il savait que nous aimons toujours Goldmund, il y a comme un clin d’œil esthétique à cette marque aujourd’hui très au-dessus de nos moyens mais qui nous a enchantée pendant des années.

Il a fallu une journée et demie de travail pour assembler et régler l’ensemble compte tenu de nos contraintes. Le WAF est très élevé ce qui facilite les choses. En d’autres termes, Madame est très compéhensive et aime la perfection. A l’inverse, la pièce mesure environ 9 m par un peu moins de 6 et est assez absorbante avec un plafond boisé à 3 m. José savait que nous ne referions pas toute la déco. A vrai dire nous avons acquis cette maison pour y caser notre immense bibliothèque et faire une décoration avec tapis, tenture murale et fauteuils. Ce n’est pas à la mode (sauf dans les châteaux) mais on s’en moque éperdulment. Bref, il a dû faire avec…

Là où il a eu quelques doutes, c’est pour la couleur que nous avons choisie. Après toutes ces années de noir, nous voulions changer radicalement en partant d’un bleu genre bleu Klein… On dira qu’il faut oser. Certes, là aussi nous assumons. Et ce bleu change de teinte selon l’angle et la lumière du jour, allant du très sombre au clair et il nous paraît magnifique…


LA FABRICATION

Fabriquer une enceinte de qualité professionnelle demande la réunion de beaucoup de compétences surtout quand on se fixe des standards très élevés. Sur une autre de ses réalisations, il a eu recours à des plaques d’aluminium de 20 mm d’épaisseur car il voulait qu’elles soient intégralement faites en métal, quitte à les recouvrir d’un placage en bois pour la finition.

Pour les nôtres, le budget envisagé interdisait cette solution. Ce fut donc du multiplis de bouleau très épais lui aussi. Il faut une sacré machine programmable pour effectuer toutes les découpes ainsi que celles des multiples entretoises internes. Le tout au 1/10 mm sans oublier les avant-trous des vis. On est dans de la fabrication industrielle de précision. Il en fut de même pour les faces arrières et avant en particulier avec l’extrudation de la forme elliptique des HP.

Je donne cet exemple parce que j’en ai vu une petite partie mais la fabrication de telles enceintes dont le poids unitaire dépasse les 120 kg nécessite bien d’autres compétences dont j’ignore même l’existence.

Outre ses dons personnels d’écoute, c’est en étudiant dans le détail les réalisations les plus prestigieuses que José a réussi à acquérir autant de compétences techniques au fil des années. Souvent, les plus belles marques ont commencé de la sorte, à partir de tâtonnements, de grandes idées, notamment sur les comportements vibratoires et ont abouti à des premiers produits fantastiques. Mais ensuite, les nécessités de la production industrielle se sont imposées en réduisant certaines des exigences pour faciliter la fabrication et en réduire les coûts ou au moins pour ne pas les augmenter, indépendamment d’autres contraintes liées au marketing et à son positionnement face à la concurrence. La HiFi de ce niveau a ceci de particulier que malgré le fait qu’il s’agit d’un marché de niche, il y a pléthore de constructeurs dont beaucoup ne survivent pas ou ne bénéficient que d’un succès d’estime.


La mise au point de nos enceintes a obligé José à déménager ses Apologue (snif) au motif bien connu que deux paires d’enceintes dans une même pièce (même grande) interagissent l’une sur l’autre, ce qui fausse l’écoute.



Une anecdote sur ce point : lorsque j’ai installé les prototypes dans notre maison en Ardèche, j’avais laissé le cube Arcam à sa place sur un piédestal à environ 2 m derrière les enceintes, et je ne trouvai pas le résultat aussi bon qu’attendu. Il m’a fallu un certain temps pour me dire que ce petit cube pouvait peut-être quand même interagir. Lorsque je l’ai retiré, tout a changé !

Voici d’ailleurs un extrait du CR que je lui avais adressé à l’époque :

« Ensuite, malgré une scène  très large et sans aucun trou alors que les enceintes sont à 5 m du canapé et 4,50 m l’une de l’autre, une impression de flou dans le positionnement des interprètes. Remède incroyable, mais qui ne t’étonnera pas. Le cube, sur sa grosse poutre de châtaignier juste derrière mettait  le bazar. En le retirant,  la scène a complètement changé.  À partir de là, c’est devenu impressionnant : Les basses, comme  je m’y attendais, l’ambiance et  l’énergie sur les grosses caisses du symphonique, Mais pour le médium ou les aigus , la localisation du violon ou des chanteurs est extrêmement précise. Ce qui est étrange c’est que je m’attendais à devoir remanier les positions des enceintes. Pour le moment ça va très bien. Conclusion, mais on pourra en reparler au téléphone, ça marche sacrément bien. »

Bref, j’ai su depuis qu’en replaçant ses Apologues (400 kg quand même) il n’était pas encore parvenu à retrouver l’équilibre si subtil que nous avions remarqué lors de notre dernière écoute.

La mise au point fut longue et délicate même s’il ne partait pas dans un terrain inconnu puisqu’il a déjà fabriqué des caissons de basse équivalents.

Une fois les caissons terminés, il a fallu s’occuper des enceintes satellites qui comprennent 4 HP. Nouvelle  procédure de CFAO de la machine FabLab heureusement programmable (bonjour le code en langage machine…), positionnement ultra précis des HP, etc.

Je ne fais que résumer les principales étapes, mais on se doute que la mise au point du filtrage a été une sacrée opération ainsi que les alignements des HP, le tout dans les enceintes brutes. Sans oublier un pied en acier massif pour l’écoulement des vibrations, etc.

Une fois tout ceci achevé, il restait la partie esthétique. Comme nous avions arrête notre choix sur une laque bleue, il fallut beaucoup d’essais pour trouver la bonne teinte, les bons pigments et la bonne qualité de peinture. Bien sûr, cela nécessita la construction d’une cabine de peinture pressurisée et la superposition de 5 ou 6 couches avec ponçages et lustrages intermédiaires. Et enfin, nouvel essai dans la yourte pour vérifier que l’équilobre n’avait pas été atteint par la décoration.

En résumé, un sacré travail !!

J’avoue humblement que je ne me rendais pas compte que ce serait si compliqué avec autant de rebondissements.  Et encore, nous avions limité les « dégâts » à ne pas exiger un traitement de surface parfait, ce qui aurait grevé le prix - et qu’on peut toujours réaliser a posteriori. Mais celui que nous avons nous convient largement.


L’ECOUTE

A suivre…




 

APRES LE CHOC A L’ESPINAS

Dans la page consacrée à la nouvelle installation réalisée par José Amengual Serra (Vintage Audio, Angers), nous avons conclu par une interrogation qui n’a cessé de prendre de l’ampleur à la fin 2021 : le progrès était tellement spectaculaire que l’installation de notre domicile, pourtant bien supérieure pour la partie électronique, marquait un peu le pas pour la première fois depuis presque toujours.

Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut avoir à l’esprit quelques-unes de nos constantes.


NOTRE APPROCHE DE LA HIFI

Je ne suis pas de ces amateurs ou passionnés impulsifs et en permanence insatifaits. Lorsque j’ai acquis un nouveau matériel, je reste en moyenne  longtemps, parfois très longtemps en palier avec lui, sans aucune frustration d’aucune sorte. Est-ce dû au fait que j’ai plusieurs passions onéreuses ? Que je pense toujours investissement familiaux et collectifs et pas uniquement personnels et egotiques (à quelques exceptions près quand même pour être honnête…). Ou encore que je suis très fidèle à ce que j’ai aimé ? Aux antipodes de ceux qui brûlent aujourd’hui ce qu’ils adoraient hier.

On constatait déjà chez les revendeurs, dans les salons professionnels et maintenant sur les forums cette étrange pathologie que l’on peut nommer la néopathie, le besoin d’avoir toujours du nouveau. En photo, qui est et reste ma première passion, plus implorante que la Hifi parce que j’y suis actif (créatif ?), les boîtiers me faisait 10 ou 15 ans en argentique et 5 à 10 en numérique. Les objectifs, au moins 20 ans voire une éternité… Pour les montres,  c’est la même chose, mon premier chrono a 45 ans et je le porte toujours… Pour les voitures idem (sauf quand il y avait des raisons purement fiscales). Pour la décoration et la restauration de maisons, c’est pareil et ainsi de suite. Il en est donc logiquement de même pour la HiFi.

Tout ceci est raconté dans ce site avec nos évolutions successives. J’ai essayé d’expliquer la question philosophique du Beau et du Vrai en reproduction musicale pour clarifier les deux grands types d’attitudes assez fortement opposées enter les amateurs de HiFi. Nous sommes plutôt du côté du Vrai…

J’ajoute que je n’ai pas une approche trop technique du genre DIY et que je ne regarde que rarement sous le capot.

Au fond, je ne suis pas un très bon client, puisque lorsque je suis satisfait d’un produit, je ne me pose plus de questions et je ne eviens dix ou vingt ans plus tard !

En 2021, les choses ont basculé en se demandant comment retrouver à domicile la magie que nous avions obtenue dans notre maison de campagne avec les nouvelles enceintes ?


UN ARTISAN D’ART EN HIFI

Je connais José depuis 1989 et bien qu’ayant quitté Angers, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. C’est lui qui a  été à la base de toutes nos améliorations successives en matière de Hifi, mais comme je l’ai dit plus haut, avec des paliers très longs. Ainsi, le merveilleux petit ampli Goldmund SRA acheté en 1998 chez lui a été en service continu jusqu’en 2016 :  18 ans de bonheur ! Et il est en retraite active en Ardèche… Heureusement que José avait d’autres clients…

Il fait partie de ces perfectionnistes exclusifs qui, lorsqu’ils s’attaquent à une question, doivent tout en connaître. Tout en ayant de premières expériences de fabrication et de solides compétences en électronique, il s’est fait connaitre par la vente et l’installation des systèmes performants puis prestigieux avec de très belles marques, allant des petites enseignes britanniques, Musical Fidelity, Linn, Naim jusqu’à Goldmund et quelques autres.

Pour l’avoir connu depuis si longtemps, je sais qu’il proposait toujours des améliorations à ses clients allant de l’importance du  sens des prises d’alimentation, de la position précise des enceintes, du rôle déterminant de la déco jusqu’aux moindres câbles et aux interfaces, sans parler de la pollution du secteur et aujourd’hui de celle des ondes électromagnétiques qui sont très présentes dans nos demeures.

Dès les années 1990, il a réussi à mettre au point ses fameux accordeurs (cf. la page qui les décrit). Mais ils furent difficiles à vendre car les clients rechignent à mettre de l’argent dans ce qui se voit pas ou ne se pilote pas… Et pourtant, quel résultat ?

Au fil des années ce furent des recherches de plus en plus poussées sur les comportements vibratoires et sur les filtres avec la mise au point d’interfaces ou de câbles performants.

C'est dans la décennie 2010 que les choses évoluèrent beaucoup pour lui avec l’aventure des pavillons. Tout commença par l’achat au Japon de moteurs Onken et de leurs complexes structures en bois au moyen de négociations en anglais dont je me souviens encore avec émotion. Il fallait prendre le risque de payer à distance ce que je considérais être des ruines ou des antiquités sympathiques mais sans plus. Au moins jusqu’à les avoir écoutées… C’est là qu’il s’équipa et se forma en tables de CFAO et monta un véritable atelier de FabLab, d’ailleurs ouvert à toutes sorte de collaborations concernant des projets de concepteurs HiFi.

C’est ainsi qu’il refabriqua intégralement des ensembles monumentaux à pavillons, qu’il les régla et les installa (ce qui n’est pas le plus facile, car le WAF rôde toujours et pour les pavillons, ça se comprend tout de suite…)

Certains ont suivi ses aventures dans le forum « Les merveilleux systèmes de José » sur LS5A.

Plus récemment encore, il a franchi un pas décisif. Comme les artistes d’autrefois, après avoir copié  les «ancêtres» il a volé de ses propres ailes en concevant de A à Z de nouveaux systèmes au prix d’un retour à des formes plus conventionnelles et plus logeables que les pavillons.

Je crois pouvoir dire que j’ai suivi pratiquement toutes les grandes évolutions de son système amiral, de sa référence quasi absolue au fil des années : les extraordinaires Goldmund Apologue. Pour la petite histoire, voici une anecdote qui rappelera  Léonard de Vinci et la Joconde (belle comparaison). Un jour, après les avoir vendues, il les a récupérées - lui en les rachetant - alors que Léonard se contenta d’avoir la Joconde dans son atelier grâce à la bienveillance de François 1er.

Blague à part, ces enceintes au design et aux performances exceptionnelles m’ont toujours fasciné. Depuis qu’il les possède, il les a démontées des tas de fois, tout refait à sa sauce, et surtout, plus récemment en changeant radicalement tous les filtres et en leur ajoutant quelques innovations de son invention.

Et il faut dire que leur écoute dans la célèbre yourte avec des amplis vintage Shindo ou de vieux Mackintosh de quelques watts est époustouflante.

Donc, après avoir beaucoup réfléchi (car il s’agit pour notre bourse d’investissements quand même conséquents), nous nous sommes décidés à lui confier la conception de nouvelles enceintes devant remplacer nos éternelles Dialogues Goldmund avec lesquelles nous avons 25 ans de vie commune, ça compte…


LE PROJET

Avant de lancer le projet, nous avons évidemment beaucoup réfléchi à son implantation dans notre logement. Comment remplacer les Dialogues auxquelles nous sommes habitués depuis 25 ans ? Elles s’intègraient si bien qu’un changement radical semblait très difficile. Nous avons réfléchi à diverses formes, mais si on repartait sur la même approche que dans la maison de campagne, le caisson de basse s’imposait. Encore fallait-il trouver à quoi ressemblerait le satellite. Finalement, après avoir évoqué plusieurs possibilités, la sagesse nous amena à placer un second caisson sur le premier (en le découplant soigneusement évidemmment). Ceci rappelle aussi certaines enceintes Goldmund des gammes actuelles, ce qui nous plaisait bien pour ne pas trop nous élmoigner de ce que nous avonbs adoré pendant des années.

Pour se décider, nous avons effectué plusieurs visualisations dont voici un extrait sous la forme d’un avant/après.


Les vues ci-dessous illustrent le résultat (cliquer pour les agrandir si vous le voulez).
 

En 2022, un SAUT QUANTIQUE