Les Amplificateurs

 

Les premiers amplis sérieux…

Après l’ampli du magnétophone Uher Royal de Luxe, j’ai eu du Sony, Marantz et plusieurs marques anglaises, toutes excellentes.

Le premier de la série : Musical Fidelity A1.

Comme il était en pure classe A, il chauffait tellement que j’avais envie de m’en servir comme barbecue… Basses profondes, beau médium. Par rapport à mon Sony de l’époque, c’était le jour et la nuit, mon entrée dans la vraie (?) haute fidélité. La première conséquence fut de me faire changer les enceintes ! Mes Supravox laissèrent la place à des Linn Nexus.
Il fut remplacé au bout de quelque temps par un magnifique Naim N
ait 2 qui fait encore le bonheur de la famille. Ce Naim m’habitua à une composante essentielle de la Haute fidélité : la rapidité. Avec lui, les attaques (un peu molles du Musical Fidelity) devinrent tranchantes. Et comme le medium était raffiné et la scène sonore très large, ce petit ampli/préampli de 2 X15 Watts fit mon bonheur pendant des années. La qualité Naim et l’intelligence de Naim (qui a aujourd’hui fusionné avec Focal) étaient si grandes que l'achat suivant ne fut qu’une évolution et une intégration. Lorsque j’eu  l’opportunité d’acquérir à bon prix un Linn 280,
le Nait se transforma en préampli rien qu’en coupant sa partie amplificatrice ! Bravo !! L’association Nait 2 et  Linn 280 fut bientôt complétée d’une alimentation séparée Spark. J’avais toujours une grande rapidité des attaques, de la puissance en réserve (2X80 Watts). La scène sonore restait large. Une autre opportunité me fit acquérir des Linn Kaber, moins flatteuses. Les Lexus sont tellement plus vivantes, on bat la mesure alors que les Kaber sont chez moi toujours restées froides et un peu décharnées. Je les ai revendues pour des Goldmund alors que les Nexus tournent toujours sur un petit système piloté par le Naim Nait 2, redevenu ampli/préampli après une magnifique remise aux normes par Naim Salisbury.  Pour débuter dans la grande Hifi, je recommande Naim et des enceintes bien en accord.


L’ampli Goldmund SRA et le préampli SRP

Le grand changement s’est opéré  en 1998/99, avec le passage chez Goldmund en préampli et ampli. J’avais acquis en 1996 et en occasion des enceintes Dialogues de la même marque.

Cet ampli que j’ai utilisé de 1998 à 2016 (!) appartient à l'ancienne série SR : le SRA :


Sa rapidité est exceptionnelle, il ne fait "que" 50 Watts par canal, ce qui suffit largement si on dispose d'enceintes à haut rendement, très rapides elles aussi comme les Dialogue. Goldmund a été le premier constructeur à offrir des bandes passantes excédant très largement l’audition humaine, limitée à  20 KHz (dans la pratique plutôt 15 voire 12 KHz…). Le SRA dépasse les 1 Méga-Hertz !

Ce qui était peut-être intuitif chez Goldmund trouva une explication scientifique plus tard. L’oreille humaine est très sensible aux distorsions temporelles. Il est difficile pour une électronique d’amplifier au même instant toutes les fréquences. Il y a des retards par exemple des basses sur les aiguës. En fixant une bande passante immense, on doit concevoir  un système qui montre très haut sans trop de déphasages. De sorte que, sur les fréquences audibles,  on retrouve  une meilleure cohérence du spectre puisque la distorsion est étalée jusqu’à 1 ou 2 MHZ réduisant son importance relative entre 20 et 20 KHz… C’est ce qui explique le ressenti typique à Goldmund. Rapidité exceptionnelle et cohérence, sans fatigue auditive, même à fort niveau.

Avec cet ampli qui était l’entrée de gamme de l’époque (!!, on a une restitution parfaite des plus petits détails, des pianissimi  comme des forte les plus grandioses, avec un grave extrêmement tendu, comme à l'orchestre, une aération, une profondeur de la scène sonore, une extrême lisibilité, même sur les grandes masses orchestrales ou les choeurs, une stabilité incroyable, notamment avec des opéras bien enregistrés. L'interprète ne change jamais de place en chantant, sauf s'il bouge, auquel cas, on le suit sans effort, qu'il aille d'arrière en avant comme de gauche à droite.


Il faut savoir que Goldmund a acquis la technologie d'un petit constructeur (en fait des étudiants suisses en électronique) qui fabriquait des produits assez proches mais beaucoup moins onéreux, Job. Les principes sont les mêmes, le problème est que Job est bien peu représenté en France, c'est dommage pour la découverte de produits de grande qualité.

Ci-dessus, on voit des «accordeurs» sous l'ampli et la plate forme Hippocrène (cf. plus loin).









 

Le MIMESIS 3 en 2016 !

Depuis 1998/99, cet ampli SR m’a donné toute satisfaction. A un petit détail près peut-être : un peu de manque de niveau dans l’extrême grave.

Mais, comme à l’inverse, beaucoup trop de système, même très sophistiqués, ont tendance à gonfler celles ci, je m’en accommodais fort bien. Il est vrai que c’est une question de choix esthétique ou psycho-acoustique…

C’est suite à des écoutes avec des amis de confiance que l’idée de chercher une amélioration se fit jour.  J’ai bien pensé à un caisson de basse, mais je l’ai exclu pour plein de raisons, essentiellement le risque de détruire ce merveilleux équilibre auquel mes « auditeurs » sont toujours très sensibles précision et localisation hyperprécise des sources, rapidité des attaques, filé du haut médium, coté soyeux de l'aigu, etc.

Comment  faire ?

La solution vint presque toute seule : Autant rester chez Goldmund. Mais leur ligne actuelle équivalente n’est pas donnée… Et j’ai d’autres passions…

Finalement, l’écoute de système Vintag, de vieux amplis à transistors ou à tubes et de bons arguments sur la cohérence de mon système à ne pas détruire m’ont poussé vers la reprise d’un vieux modèle Goldmund prestigieux. Le Mimesis 3 qui possède encore, plus de 25 ans après sa sortie, une très belle cote d’amour dans les milieux hifistes à ce que j’ai vu. En plus, le modèle que j’ai a été totalement révisé et quelques composants de changés.

Il a fallu l’adapter au préampli SRP en niveaux d’entrée/sortie, mais ceci s’est fait sans trop de problèmes.`


L’écoute avec le
MIMESIS 3 

Première impression : Evidemment plus d’assise dans le grave. C’est flagrant sur les contrebasses et les grands orchestres (timbale) de même qu’en jazz sur la batterie. Je m’y attendais un peu. Et comme en plus, les attaques sont fermes, le son n’est jamais projeté ou amplifié à l’excès - en d’autres termes, l’effet est discret, comme au concert, ce n’est pas du son Home cinéma… le résultat est à la hauteur.

Mais, plus étrange, le haut medium semble meilleur, plus précis, on dirait plus net en photo. De même que les extrêmes aiguës qui vont très haut avec encore plus de clarté. Amélioration étrange : j’ai l’impression que les partitas our violon sonnent encore un peu mieux. Mystère de l’amplification.

La localisation n’a pas changé, ouf, c’es toujours aussi précis, les chanteurs ou les instrumentistes sont exactement à leur place.


Et, encore plus « étrange», j’ai l’impression que le niveau est plus doux, ça monte moins dans les crêtes, on a encore plus de douceur ou de rondeur assez analogique. Je ne m’explique pas bien ce phénomène…

Pourtant, les fff restent très forts mais peut-être moins «agressifs» (encore que ça ne l’était guère).

Ce sont les premières impression, presque à chaud. J’y reviendrai.

(la source était  La Rosita). On verra plus tard avec du vinyle.


Nouveau CR après un mois avec le Mimesis 3 :

Quand on l’écoute et qu’on le compare avec le SR, on ne peut qu’être amiratif envers ce dernier par rapport à son prix à l’époque - quel dommage que Goldmund soit si onéreux aujourd’hui…. Au final, les différences demeureurent subtiles. Et, en fonction du courant dont il dispose, le Mimesis 3 peut énormément changer de comportement. Parfois subjectivement moins rapide que le SR, parfois autant mais avec ses caractéristiques propres.

Je pense que l’on peut dire que le SR concentre toute sa fantastique rapidité sur un spectre un peu moins large avec moins d’asssise dans le grave, ce qui donne l’impression que le Mimesis est un peu plus lent. C’est qu’il y a plus d’informations. Et au final, c’est plus naturel. On est encore plus proche du concert où l’on n’a pas toujuors des temps de montée très rapides, en fonction de l’orchesttre et de la salle of course.

Seuls certains morceaux comme la polka Unter Donner und Blitz de Strauss dans la Chauve souris par Carlos Kleiber semblent plus «rapides» sur le SR, mais dans le Sacre du printemps par Mazel, le Mimesis 3 montre la puissance des grosses caisses et des timbales.

Comme dit plus haut, la localisation est hyper précise, avec plus de profondeur. L’impression de douceur est omniprésente.

Reste à voir si je ne peux pas encore optimiser la relation avec le préampli.


Ci-dessous les entrailles - bien remplies - du Mimesis 3












Quel avenir avec Goldmund ?

L’entrée de gamme Goldmund des années 1900 commençait vers 4 ou 5000 € (convertis)  pour l’électronique. Disons qu’avec 10 000€, on pouvait avoir un petit système neuf. Naturellement, l’occasion permet de panacher, ce que j’ai fait avec les enceintes.

Goldmund s’est orienté depuis le début des années 2000 vers des solutions tout numérique de très grand prix : Amplificateurs Télos, nouvelles enceintes amplifiées, systèmes de réglages Leonardo et Protéus. Heureusement qu’une entrée de gamme a été récréé, dans la lignée de la SR (qui signifiait Square Roout, c’est-à-dire racine carrée de la qualité) avec Métis. Mais les tarifs d’entrée sont presque au double…

La marque, par son président fondateur Michel Reverchon, s’en explique. Elle est passée du High End au Luxury Audio, en particulier sur les marchés asiatiques. Ce choix stratégique a garanti sa pérennité et assuré sa place de n°1 (ou 2, à voir…) de l’audio et de l’audio-vidéo très haut de gamme. La conséquence a été une montée des prix…

On peut se consoler en voyant l’avance technique que Goldmund possède aujourd'hui. En travaillant avec des scientifiques sur contrats, en construisant sa stratégie sur dix ans et en la revoyant tous les ans, en conservant des effectifs raisonnables, en ne proposant que des produits qui apportent des améliorations sensibles, la compagnie est certes dans le luxe mais à sa manière… Si je compare avec Apple (que j’aime aussi depuis les origines), je constate que Goldmund en offre beaucoup plus plus sans jouer sur la mode et en offrant cette valeur fondamentale qu’est la durabilité. En un mot, je regrette qu’apple fasse, à son échelle, moins d’innovation que Goldmund et affiche trop fortement un positivement Luxe qu’elle ne tient pas vraiment.

L’avance scientifique de Goldmund est considérable. Elle justifiera dans quelques années de renouveler - si on le souhaite - ses matériels.

Pour le comprendre, il faut revenir à ce qui a été dit plus haut sur cette question de distorsion temporelle et examiner comme t la salle «Home Cinéma» de Jefferson a été conçue.

Dans le Home Cinéma traditionnel, on parle de 5.1 et aujourd’hui de 7.1. C’est-à-dire qu’on joute aux voies droite et gauche de la stéréo une voie centrale avant et deux voies arrière ou deux autres voies latérales. Ce qui fait beaucoup de haut-parleurs… Et des déphasages partout ! C’est même la raison pour laquelle je n’ai jamais voulu de ces systèmes chez moi (cf. page sur le Home Cinéma).

La solution choisie par Goldmund n’a rien à voir. On détermine le nombre d’enceintes et de haut-parleurs au moyen d’une modélisation de la pièce. Ainsi, dans la salle de Jefferson, il n’y a pas 5 ou 7 canaux, mais… 32 (il pourrait y en avoir plus ou moins en fonction de ses caractéristiques). Bien sûr il peut y avoir plusieurs HP par voie. Au total, la salle en comporte 53. Et c’est là que les travaux de Goldmund deviennent passionnants : on imagine la joyeuse pagaille de toutes ces membranes qui vont vibrer dans tous les sens avec tous les déphasages imaginales et un son «impressionnant, peut-être mais épuisant… Ent fait, un préampli (à plus de 90 K€) adapte le signal à chacun des 32 canaux et l’envoie en numérique. Chaque HP est équipé d’un convertisseur et d’un amplificateur qui vont envoyer au bon moment l’exacte modulation qui lui nécessaire pour obtenir le son global attendu dans la pièce… On a du mal à se représenter la puissance de calcul. Ce n’est pas tout ! Le système possède deux stratégies d’action. Il optimise les positions des enceintes mais si une contrainte technique empêche de suivre son plan, il est capable de prévoir la déformation du son, de donner l’ordre pour agir en sens inverse avant que celui soit envoyé. Le remède, calculé comme un contre défaut est déterminé avent que le défaut ne surgisse et, étant envoyé avant il l'annihile. C’est presque de la science fiction.

Comme le déclare Michel Reverchon, ce ne sont que sur des très gros budgets que l’on peut engager des travaux de recherche et développement aussi considérables. Son ambition est de porter ces algorithmes sur des systèmes domestiques. En clair, le logiciel vous dira où placer les enceintes, et, si vous ne pouvez ou ne voulez pas il calculera l’envoi d’un signal qui effacer a défaut. A terme on aura une source, un préamplificateur ou pas (selon la complexité de l’installation) et des enceintes qui recevront les flux numériques, les décoderont et les amplifieront en fonction des défauts du local et de chacun des maillons.

Ce jour là (encore lointain…) on pourra passer d’un système passif deux canaux à un système actif multicanaux.

Et si vous vous demandez pourquoi Goldmund développe ces systèmes extraordinaires, la raison est bine simple : permettre à l’auditeur d’être totalement dans la musique et surtout au spectateur totalement dans le film. Au service de la création en somme.

Pour ce qui me concerne, j’adore ces compagnies qui nous font rêver.

Conseil : regardez la passionnante interview de Michel Reverchon

 

D'UN MAILLON AU SUIVANT : RIEN QUE DU PLAISIR