La HiFi dans notre maison en Ardèche

 

De la HiFI depuis les origines

Dès le début, j'avais fabriqué des grandes enceintes à partir de haut-parleurs SupraVox à large bande, les T215 SRTF que j'alimentais par l'amplificateur de mon magnétophone Uher Royal de luxe. Ce magnéto servait aussi de source, relayé parfois par des cassettes ou France Musique récupéré sur un poste à transistors (comme on disait) de marque Sony. Le tout était alimenté par un groupe électrogène car cette maison, très isolée n’avait pas (et n’a toujours pas) le courant électrique.

Une des enceintes Supravox en 1981 pendant le repas de notre fils dans la grange…

C'est ainsi que pour notre mariage, en 1976, bien que dans un lieu très isolé sans eau ni électricité comme on l’a dit, nous pûmes sonoriser l'apéritif avec notre air fétiche, Shéhérazade, diffusé dans la grange et dans les étables. Par crainte des cambriolages très fréquents à l’époque, il fallait démonter tout le système chaque fin de saison et aller le porter dans le grenier d’un paysan du village voisin. Chaque été, il fallait remettre le système en route. C'était un peu long, mais quel plaisir ensuite.

Le seul inconvénient était qu'il fallait faire tourner le groupe électrogène, forcément bruyant et dangereux. Tellement dangereux qu’une année il détruisit les moteurs du magnétophone… J’avais l’habitude car auparavant j’avais déjà fait brûler par deux fois les cartes d’alimentation de mon ordinateur Apple 2 que je voulais absolument faire fonctionner  pour terminer un livre en cours.

L'autre inconvénient fut d'avoir un système nettement plus haut en gamme dans notre nouvelle résidence à Angers ce qui me fit envisager de faire évoluer celui de la maison de campagne. C’’st le virus de la HiFi n’est-il pas ?

Amusante  compétition entre nos deux lieux de vie même si l'un était occupé beaucoup plus souvent que l’autre et que nous habitions Angers, à plus de 600 km.


Pendant des années, du Linn et du Naim

Après avoir découvert les enceintes Linn Nexus dans cet appartement d’Angers, je me suis mis en quête d'en trouver une seconde paire pour lia maison de campagne.

En plus de trouver les enceintes,  notre artisan préféré et ami nous a proposé de transformer le Nain Nait 2 pour qu'il puisse fonctionner soit sur 220 V soit sur batterie. Sur batterie certes, mais pas avec du simple 12 volts. Il  fallait du -24 V et +24 V, c'est-à-dire quatre batteries de voiture à monter en série soigneusement à chaque début de vacances sans se tromper sous peine que ça fume !

Mais ainsi, avec le même ampli préampli je pouvais alimenter les Nexus dans l'appartement et les Nexus dans la maison de vacances. Le Nain fonctionnait en Préampli attaquant un Linne 280 dans l’appartement et en ampli/préampli en Ardèche.

Nous avons fonctionné comme cela pendant plusieurs années jusqu'à ce que la paire de Nexus et Naim Nait 2 parte pour de nouvelles aventures dans la famille… Gros progrès d'un côté et grosse perte de l’autre… Mais que ne ferait-on pour ses enfants ?

Il faut dire qu'à chaque vacances il fallait transporter tout le matériel plus le lecteur de CD. Pendant longtemps, ce fut le merveilleux petit Sony D50. Il fallait y ajouter des piles de CD.

Mais, selon les amis qui ont parlent encore plusieurs décennies après, c'était absolument merveilleux comme écoute dans la grange. Il faut dire que cette grange mesure 25 m de long 7 m de haut 9 m de large dans sa plus grande largeur pour 6 m au plus étroit.

Ce qui fait qu'on a du déplacement d'air, mais qu'il faut aussi de la puissance bien sûr.


le CUBe Arcam

Pendant les années qui suivirent j'ai dû me contenter d'une petite merveille : le cube de chez Arcam qui lui fonctionnait sur une batterie assez puissant pour tenir plusieurs heures, Plus besoin du groupe électrogène pour des écoutes à la bougie.

Ce Cube donne un son incroyable, une énergie d’enfer, compte-tenu qu'il n'y a qu'une seule enceinte avec six HP. Des aigües et des basses, une énergie épatante et presque un positionnement  (approximatif) des interprètes. Bref, de quoi passer de fort bonnes soirées sans devoir faire tourner le groupe électrogène…

Malgré toutes ces- qualités et son côté pratique, l’envie de retrouver un meilleur système persistait toujours, aiguillonnée par les demandes des amis de retrouver un « grand » système comme autrefois..

À plusieurs reprises j’ai failli acheter un nouvel ensemble.

Mais à chaque fois, des éléments contraire s'y opposaient : le prix bien sûr par rapport au temps passé dans cette maison, le risque de vol, la question du courant, de la source devenue dématérialisée (adieu le transport des CD). Et toujours la même question : « Est-ce vraiment nécessaire pour seulement l'été ? » Sans compter que rien ne se distinguait vraiment dans le choix final. Ce n'est qu’en 2021, après avoir beaucoup réfléchi, poussé par mon épouse, et après avoir abandonné l’achat d’enceintes d’occasion que je me tournai une fois de plus vers mon ami José Amengual-Serra (Vintage Audio Components) à Angers.

Mais cette fois, c’était pour lui commander du grand matériel. Il me proposa un prototype, réalisé spécialement pour nous avec une finition adaptée à l’endroit, c’est-à-dire simple et discrète. Ce serait la première fois de notre vie que nous aurions un système fait sur mesure par un artiste du genre, maîtrisant toute la chaîne de conception et de fabrication.

 

 

En 2021, un changement radical

Et enfin, le changement radical en 2021

Le point de départ est un caisson de basse inspiré des travaux de Dave Wilson avec des HP elliptiques, auquel s’ajoute un boîtier très lourd comportant tous les filtres, lui-même surmonté d’un satellite  constitué d’une petite enceinte colonne métallique avec le twitter et le haut-parleur de médium (inspirée d’un modèle de Braun et de son célèbre designer de l’époque Dieter Rams dont nous avions analysé l’œuvre dans un autre site, parce qu’elle est proche de celle de Johnatan Ive chez Apple).

Pour l'amplification, j’avais heureusement conservé mon Goldmund SRA le plus petit de la gamme mais avec un son extraordinaire, incroyablement tonique et rapide. Celui dont le fondateur Michel Reverchon avait affirmé que c’était leur meilleur modèle à l’époque parce que de conception simple et de seulement 50W par canal sur la technologie du fil droit, reprise des circuits Job créés par des étudiants suisses. Il faut savoir que la firme jobsys a poursuivi la vente de ces amplis jusqu’en 2020. On retrouvait une conception voisine chez NuForce racheté par Optoma en 2015. Autrement dit, plus grand monde dans ce genre de petits amplis rapides, sauf peut-être les britanniques avec Naïm ? Ou d’autres encore que je ne connais pas ?

Quant à la source j'avais mes fichiers sur iTunes, un MacBook Air et ma première Rosita passée en V3 que j'avais conservée grâce a l'accord  passé avec DB système en leur achetant la Bêta New.

De sorte que dans cette vieille maison sans électricité j’allais pouvoir écouter de la musique dématérialisée sur un grand système fait sur mesure pour nous. Mais, il restait encore la question du courant. J’avais exclu de revenir aux batteries (à recharger souvent). Il fallait donc fournir le courant le plus propre possible à l'ampli, réputé fragile vue sa conception. C’est pourquoi il fallut acquérir un petit groupe électrogène Honda de 1 KVA (ou KW) délivrant un courant réputé très pur avec la technologie Inverter et un onduleur intégré.

Ceci décidé, l’aventure de cette nouvelle installation allait commencer.

Il fallut aller chercher les enceintes à Angers et les ramener en Ardèche. Ce ne fut pas une opération facile car on accède à la maison par une piste forestière de 5 km, mais à la fin, tous les éléments arrivés à bon port dans la grange il ne restait plus qu'à les monter.

Ce qui fut fait rapidement sachant que le plus difficile allait advenir : le positionnement des enceintes. Pour y parvenir, j’ai dû utiliser toutes les recettes connues et finalement après quelques tâtonnements j'ai réussi à trouver une position satisfaisante pour moi comte tenu des contrainets de circulation dans la grange. Encore quelques réglages, entre le MacBook Air et la Rosita et vint le temps des premières écoutes.

Ce fut grandiose, tellement grandiose que des amis, amateurs de musique ou carrément musiciens me sous-entendirent  dire que c'était encore meilleur que la grosse installation de notre résidence principale.

Je n’en fus pas surpris mais un peu déçu quand même en me disant que j'allais être malheureux si je ne trouvais pas une solution un jour.

Quoi qu’il en soit, l’été se déroula avec des écoutes comme au bon vieux temps, tard le soir, parfois aussi dans l’après-midi  pendant des heures entières. Il arriva mêm que des amis renonçassent le soir au feu de bois dans l’immense cheminée pour aller se faire une écoute…

D’où une idée saugrenue : la maison étant ouverte à la visite (car classée Monument historique), pourquoi ne pas organiser quelques écoutes pendant l’été ? Nous organisons bien des concerts, des expositions de sculpture contemporaine ou des défilés de mode.

Avec ce système en place en Ardèche, restait à se poser LA question: que faire dès lors dans notre résidence principale ?

 

Le site de la maison en question si cela vous intéresse…