Un système sur mesure en 2022

 

En 2022, un SAUT QUANTIQUE DANS NOTRE INSTALLATION

La conception de nos enceintes

Jusqu’à l’an dernier nous n’avions acquis que des enceintes de grandes (et belles) marques comme Linn ou Goldmund. Il faut dire que l’approche «anti vibrations parasites» de leurs fondateurs nous avait séduit comme celle de Dave Wilson (Wilson Audio) qui a travaillé lui aussi  sur ces questions avec la mise au point de ses célèbres Wamm et leurs déclinaisons successives. En France, d’autres grands concepteurs ont été sur des approches voisines, par exemple Georges Bernard (Platine Goldmund référence) ou Christian Yvon (Apertura) ou encore André Charlin ou Marcel Vaissaire (Audiotec) dont nous avons eu la chance d’écouter les réalisations dans les festivals du Son des années 1980 et 90. Devant les tarifs souvent stratosphériques de telles enceintes aujourd’hui, le challenge de faire au moins aussi bien qu’à l’Espinas et l’envie de confier la conception d’un ensemble vraiment personnel à José, la décision fut prise de lui commander un système adapté à notre résidence principale.

D’emblée, il nous proposa de repartir du prototype qu’il nous avait réalisé pour l’Ardèche en lui apportant des améliorations de son crû. L’enjeu était de taille car la grange de l’Espinas atteint presque 25 m de long pour 6 m de hauteur et 6 m de largeur avec des murs et des sols en granite et une charpente tricentenaire en châtaignier. Rien de tel dans notre domicile ou les dimensions sont beaucoup plus modestes et les matériaux totalement différents.

Bref, il fallait oser. C’est le moment d’expliquer un peu la démarche de José, tellement particulière et qui pourrait inspirer nos lecteurs s’ils sont à la  recherche d’un système personnel vraiment adapté à leur local d’écoute.


La démarche de José 

Au contraire des grands concepteurs évoqués plus haut, José veut rester dans une démarche artisanale privilégiant avant tout la plus extrême qualité et le sur mesure en fonction des attentes de ses clients mélomanes. Sa démarche pourrait être qualifiée de systémique si ce mot n’avait pas été autant galvaudé. Les ingénieurs raisonnent souvent sur un petit nombre de variables qu’ils considèrent comme indépendantes les unes des autres pour faciliter leurs calculs selon le principe cartésien bien connu consistant à commencer par les difficultés les plus simples «pour monter comme par degrés jusqu’à la connaissance des plus élevée». Mais, dans la réalité, toutes ces variables sont interdépendantes. Toute action sur l’une entraîne une réaction d’une autre et ainsi de suite dans des chaînes de rétroactions et d’interactions hypercomplexes. Pour concevoir une enceinte, on part généralement de hauts parleurs existants caractérisés par leur impédance, leur rendement et tous leurs défauts intrinsèques partiellement décrits par leur courbe de réponse et on essaie de les placer correctement dans une caisse les rendant à peu près indépendants les uns des autres.

La démarche de José est toute autre, on pourrait dire holistique : il conçoit une enceinte dans sa globalité en fonction des composants disponibles et de leurs interactions. La conception mécanique et vibratoire comme le filtrage sont abordés simultanément pour aboutir au résultat souhaité quasi indépendamment des éléments considérés isolément. C’est ainsi qu’il peut passer sans complexe du haut au bas rendement car «le rendement n’a rien à voir avec le rendu sonore». J’ai entendu chez lui ce que donnaient des petits amplis de quelques watts sur des enceintes réputées difficiles à piloter mais dont il avait repris tout le filtrage et l’équilibre interne. Vue la production industrielle actuelle, il préfère parfois reprendre des HP anciens pour en tirer le maximum en jouant sur toutes les autres variables. C’est la même chose pour les vieilles électroniques ou pour les matériaux de l’enceinte (multiplis ou métal) : aucune exclusive, pas d’esprit de chapelle. Il suffit d’assembler au mieux ce qui peut marcher ensemble sans pour autant partir dans des solutions ésotériques délirantes. C’est parce que la production des marques même les plus prestigieuses ne le satisfait pas qu’il s’est orienté depuis quelques années sur la conception/fabrication intégrale d’enceintes de son crû. Il cherche à obtenir des résultats constants (et de très haute qualité) quels que soient les HP utilisés. La rapidité de réponse n’a que peu à voir avec le rendement. Il l’a montré en passant des pavillons Onken à des HP classiques tout en conservant avant tout le respect des timbres et la vérité sonore. Pour lui, un système doit s’effacer pour respecter l’œuvre musicale. On n’écoute pas une enceinte mais de la musique vivante. Cette position de principe doit être soulignée pour illustrer sa démarche et comprendre l’enthousiasme de ceux qui lui passent commande de systèmes aussi différents que des grands pavillons ou des petits monoblocs, sans compter les transformations successives de ses Apologues.

Pour notre système, il  a repris le caisson de basses avec ses deux HP elliptiques, mais celui-ci est doublé d’une partie arrière sablée qui amortit et déplace en même temps le centre de gravité vers l’arrière de l’enceinte car, au contraire de la version ardéchoise, le caisson repose sur une énorme barre d’acier chargée d’écouler les vibrations parasites en empêchant que les résonances du local ne remontent vers les HP et le filtre. Je sais que je ne suis pas très clair ou précis en décrivant les choses ainsi. Mais c’est toujours le même principe extrêmement difficile à mettre en œuvre : évacuer les vibrations vers le sol tout en empêchant celles venant du sol de remonter…  Si vous voulez plus de renseignements, José est toujours ravi de répondre aux questions…

Ce caisson est surmonté d’une enceinte plus petite posée sur des accordeurs Hippocrène. Elle contient deux structures distinctes : à l’avant, un caisson accueillant une réalisation faite à partir de deux petites Braun avec leurs HP medium et tweeter et à l’arrière, un second caisson indépendant qui reçoit les filtres massifs et très lourds. J’ai juste repéré qu’ils possèdent d’énormes bobinages… Deux pieds arrière en métal équilibrent l’ensemble.

La solution des deux enceintes empilées a été choisie pour éviter une étude de forme complète et réduire le coût de conception. Comme il savait que nous aimons toujours Goldmund, il y a comme un clin d’œil esthétique à cette marque aujourd’hui très au-dessus de nos moyens mais qui nous a enchantés pendant des années. Et pour dire un mot sur le design, celui-ci nous va très bien car on reste dans une approche forme/fonction reprenant la logique du Bauhaus (nous sommes meublés pour partie en Art Déco). Il eût été possible d’envisager trois caissons en en réservant un pour les filtres, mais ceci compliquait la conception, notamment pour la bonne liaison mécanique entre eux. En Ardèche, nous avons un prototype, ici nous avons une présérie… José peut évidemment aller encore plus loin.

Il a fallu une journée et demie de travail pour assembler et régler l’ensemble compte tenu de nos contraintes. Le WAF est très élevé ce qui facilite les choses. En d’autres termes, Madame est très compréhensive et aime la perfection. A l’inverse, la pièce mesure environ 9 m par un peu moins de 6 et est assez absorbante avec un plafond boisé à 3 m. José savait que nous ne referions pas toute la décoration. A vrai dire nous avons acquis cette maison pour y caser notre immense bibliothèque et faire une pièce cosy avec tapis, tenture murale et fauteuils. Ce n’est pas à la mode (sauf dans les châteaux à la rigueur !) mais on s’en moque éperdument. Bref, il a dû faire avec, sans oublier que le système diffuse aussi du Home Cinéma…

Là où il a eu quelques doutes, c’est pour la couleur que nous avons choisie. Après toutes ces années de noir, nous voulions changer radicalement en partant d’un bleu genre bleu Klein… Pour s’assurer de la faisabilité, j’avais réalisé un petit photomontage :

On dira qu’il faut oser. Certes, mais là aussi nous assumons. Et ce bleu change de teinte selon l’angle et la lumière du jour, allant du très sombre au clair et il nous paraît magnifique aussi bien en plein soleil que dans la pénombre des écoutes le soir… Comme on peut le voir, la réalisation finale est assez proche du montage.


La fabrication 

Fabriquer une enceinte de qualité professionnelle demande la réunion de beaucoup de compétences surtout quand on se fixe des standards très élevés. Sur une autre de ses réalisations, il a eu recours à des plaques d’aluminium de 20 mm d’épaisseur car il voulait qu’elles fussent intégralement faites en métal, quitte à les recouvrir d’un placage en bois pour la finition.

Pour les nôtres, le budget envisagé interdisait cette solution. Ce fut donc du multiplis de bouleau très épais lui aussi. Il faut une sacré machine programmable pour effectuer toutes les découpes ainsi que celles des multiples entretoises internes. Le tout au 1/10 mm sans oublier les avant-trous des vis. On est dans de la fabrication industrielle de précision. Il en fut de même pour les faces arrières et avant en particulier avec l’extrudation de la forme elliptique des HP.

Je donne cet exemple parce que j’en ai vu une petite partie mais la fabrication de telles enceintes dont le poids unitaire dépasse les 120 kg nécessite bien d’autres compétences dont j’ignore même l’existence. Très sincèrement, nous souhaitons aux lecteurs de ces lignes de connaître un jour une telle expérience : se faire confectionner un système personnel par un artisan d’art du Son.

Outre ses dons personnels d’écoute, c’est en étudiant dans le détail les réalisations les plus prestigieuses que José a réussi à acquérir autant de compétences techniques au fil des années. Souvent, les créateurs des plus belles marques ont commencé de la sorte, à partir de tâtonnements et de grandes idées, notamment sur les comportements vibratoires pour aboutir à des premiers produits fantastiques. Mais ensuite, les nécessités de la production industrielle se sont imposées en réduisant certaines des exigences pour faciliter la fabrication et en réduire les coûts ou au moins pour ne pas les augmenter, indépendamment d’autres contraintes liées au marketing et à son positionnement face à la concurrence. La HiFi de ce niveau a ceci de particulier que malgré le fait qu’il s’agit d’un marché de niche, il y a pléthore de constructeurs dont beaucoup ne survivent pas ou ne bénéficient que d’un succès d’estime.


La mise au point de nos enceintes a obligé José à déménager ses Apologue (snif) au motif bien connu que deux paires d’enceintes dans une même pièce (même grande) interagissent l’une sur l’autre, ce qui fausse l’écoute.


Une anecdote sur ce point : lorsque j’ai installé les prototypes dans notre maison en Ardèche, j’avais laissé le cube Arcam à sa place sur un piédestal à environ 2 m derrière les enceintes, et je ne trouvai pas le résultat aussi bon qu’attendu. Il m’a fallu un certain temps pour me dire que ce petit cube pouvait peut-être quand même interagir. Lorsque je l’ai retiré, tout a changé !

Voici d’ailleurs un extrait du CR que je lui avais adressé à l’époque :

« Ensuite, malgré une scène  très large et sans aucun trou alors que les enceintes sont à 5 m du canapé et 4,50 m l’une de l’autre, une impression de flou dans le positionnement des interprètes. Remède incroyable, mais qui ne t’étonnera pas. Le cube, sur sa grosse poutre de châtaignier juste derrière mettait  le bazar. En le retirant,  la scène a complètement changé.  À partir de là, c’est devenu impressionnant : Les basses, comme  je m’y attendais, l’ambiance et  l’énergie sur les grosses caisses du symphonique, Mais pour le médium ou les aigus , la localisation du violon ou des chanteurs est extrêmement précise. Ce qui est étrange c’est que je m’attendais à devoir remanier les positions des enceintes. Pour le moment ça va très bien. Conclusion, mais on pourra en reparler au téléphone, ça marche sacrément bien. »

Bref, j’ai su depuis qu’en replaçant ses Apologues (400 kg quand même) il n’était pas encore parvenu à retrouver l’équilibre si subtil que nous avions remarqué lors de notre dernière écoute.

La mise au point fut longue et délicate même s’il ne partait pas dans un terrain inconnu puisqu’il a déjà fabriqué des caissons de basse équivalents.

Une fois les caissons terminés, il a fallu s’occuper des enceintes satellites qui comprennent 4 HP. Nouvelle  procédure de CFAO de la machine FabLab heureusement programmable (bonjour le code de programmation…), positionnement ultra précis des HP, etc.

Je ne fais que résumer les principales étapes, mais on se doute que la mise au point du filtrage a été une sacrée opération ainsi que les alignements des HP, le tout dans les enceintes brutes. Sans oublier un pied en acier massif pour l’écoulement des vibrations, etc.

Une fois tout ceci achevé, il restait la partie esthétique. Comme nous avions arrête notre choix sur une laque bleue, il fallut beaucoup d’essais pour trouver la teinte exacte, les bons pigments et la bonne qualité de peinture. Bien sûr, cela nécessita la construction d’une cabine de peinture dépressurisée et la superposition de 5 ou 6 couches avec ponçages et lustrages intermédiaires. Et enfin, un nouvel essai dans la yourte pour vérifier que l'équilibre n’avait pas été atteint par la décoration.

En résumé, un sacré travail !!

J’avoue humblement que je ne me rendais pas compte que ce serait si compliqué avec autant de rebondissements.  Et encore, nous avions limité les « dégâts » à ne pas exiger un traitement de surface parfait, type carrosserie de voiture, ce qui aurait grevé le prix - et qu’on peut toujours réaliser a posteriori. Mais celui que nous avons nous convient largement.

Ces enceintes et celles que José a réalisées pour d’autres clients illustrent son orientation actuelle : Il n’a pas envie de commercialiser des séries d’enceintes mais plutôt de concevoir, fabriquer et régler des systèmes correspondant aux attentes de ses clients en leur garantissant un niveau de qualité bien supérieur à celui des marques les plus prestigieuses. Si on devait parler de «signature sonore», on pourrait dire qu’il recherche une absolue constance de la qualité indépendamment des hauts-parleurs ou des matériaux utilisés. Seule, une approche systémique peut garantir de tels résultats. Et lorsqu’un prototype marque un réel progrès, il le reprend pour le système suivant dans un processus d’amélioration continu. C’est peut-être sa version personnelle du Design Thinking de Stanford en y intégrant les attentes de chacun. Ce qui compte, c’est le plaisir de l’acquéreur d’atteindre une certaine idée de la perfection avec une œuvre qui lui soit propre. C’est un peu le but de ce témoignage qui, je l’espère, vous aura intéressé(e).


Nos habitudes d’écoute 

José s’occupe depuis plus de trente ans de notre  système HiFI. On se doute que nous en avons connu des surprises ou des chocs. A chaque fois, que le changement soit mineur ou majeur, que le prix soit léger ou élevé, nous avons entendu la différence quasi immédiatement. Parfois il a fallu revenir en arrière pour mieux la percevoir, d’autres fois, ce ne fut ni nécessaire si souhaitable. Pour avoir fréquenté quelques salons de démonstration, nous avons pu retrouver les deux grandes attitudes en matière de HiFi telles qu’elles sont expliquées sur la page Shindo et que nous avons résumées par la formule : le Beau ou le Vrai.

Dans notre démarche - depuis toujours - nous recherchons le Vrai. Celui du concert de musique acoustique (classique ou petites formations de jazz ou encore chant mais sans débauche de grosses sono). Au concert, il arrive que le son ne soit pas « beau », il peut être grinçant, pénible, comme dans des symphonies de Shostakovich ou des quatuors à cordes de Bartok, voire la Grande fugue de Beethoven. Trop souvent, en HiFi, on évite les sons stridents, discordants, les rythmes trop décalés. On préfère souvent des voix simples accompagnées d’un instrument harmonique (guitare, piano) et on ne pousse pas le volume. Autrement dit, on recherche le Beau, une émotion venant du grain de la voix, d’une respiration (Barbara dans Nantes par exemple). C’est impressionnant, certes. Mais est-ce le reflet de la réalité ? Ajoutez que je pratique la prise de son amateur (et en pirate) de beaucoup de concerts et que je peux réécouter ensuite ce que j’ai enregistré avec un DAT autrefois et un Nagra aujourd’hui. On peut y ajouter ceux que nous organisons en Ardèche.

Il me semble que seule une minorité de mélomanes qui fréquente les concerts de musique acoustique (classique, une partie du jazz et encore) va demander la vérité. Les autres privilégieront au mieux la vraisemblance et surtout le plaisir auditif. Of course, on peut chercher les deux, mais pour les miracles, il faudra attendre.

Quant à dire que le concert est toujours le meilleur ou la référence pour comparer avec un système HiFi, c’est souvent vrai pour du classique compte tenu de l’acoustique propre de la salle, mais c’est rarement vérifié pour du jazz (de plus en plus souvent amplifié, même dans des petites salles) et approximatif ou faux pour la variété. En voici deux exemples : nous avons - presque par malheur - assisté à un des derniers tours de chant de Barbara. Le son était effroyable, imprécis, tonitruant, saturé ou inaudible : un désastre pour cette immense chanteuse. De retour, nous avons mis son disque « Châtelet 1987 » pour retrouver l’émotion pure et brute qu’elle suscitait si bien. Quelques années plus tard, il en fut de même lors d’un concert de  Michel Legrand qui, se rendant compte que la sono était mal réglée, demanda plusieurs  fois à la régie son avec la gentillesse qui était la sienne « Dis coco, tu ne peux pas atténuer un peu la basse » ou « Dis coco, tu peux pas m’arranger l’égalisation » sans que le coco en question ne fasse quoi que ce soit à part fumer sa clop devant sa console en attendant la fin.

Bref, avec un système bien réglé on retrouve l’émotion d’une interprétation même si on n’y était pas. C’est paradoxal ? Sûrement !

Dans nos écoutes, nous n’allons pas dans le sens de certains magasins dans lesquels on envoie du « gros son » avec des basses terribles ou des effets flatteurs de Home cinéma. Ce n’est pas par dédain, mais seulement parce que ces musiques ne sont pas dans nos gouts musicaux, sans aucun jugement de valeur of course. Et en plus, on ne serait pas du tout dans le Vrai mais plutôt dans le « impressionnant ».

Entre ces deux positions philosophiques, on pourrait chercher un statut pour ce qui est aussi souvent recherché : l’émotion d’une présence que l’on trouve souvent avec des voix de chanteurs. Ce serait encore un autre débat : si les paroles sont fortes ou impliquantes ou bouleversantes, l’émotion arrive indépendamment de la qualité de la reproduction (cf. n’importe quel reportage de guerre au milieu des explosions). Pour avoir été prof de communication à l’université, j’ai souvent présenté les différences entre émotion et information par exemple, mais je ne vais pas y revenir ici ! L’émotion est primaire (cerveau limbique), elle concerne les stimuli avant que l’information ne soit reconstruite par le cerveau. Et à ce titre, la HiFi peut arriver à transmettre les plus petits stimuli, les signaux faibles qui ne font pas sens mais nous sont perceptibles et qui déclenchent parfois des réactions primales comme la peur ou les pleurs (ou les poils qui se hérissent).  Mais avec une chanson, l’émotion brute risque d’être « polluée » par le sens des paroles. Ou alors il faut une langue qui nous soit absolument étrangère ou mal prononcée genre Tom Waits de sa grande époque… Bref, la Hifi doit transmettre les émotions certes, mais à condition que rien ne perturbe l’écoute. C’est pourquoi nous nous méfions, dans les salons, de ces extraits de Scheller, Barbara ou Delerm, censés nous faire tressaillir. Je tressaille plus sur Léo Ferré quand il chante du Baudelaire (l’Albatros)…


Les écoutes

Tout ce long préambule pour dire qu’en première écoute d’un système, nous préférons du symphonique ou du concerto  (Mahler, Beethoven) ou de la musique de chambre du type piano, trio ou quatuor à cordes du genre Schubert, Haydn ou Mozart. Et ensuite, jazz, chanson, opéra et traditionnel.

L’installation d’écoute était la même que d’habitude, celle qui est décrite au fil de ces pages : Rosita Beta New  en direct (car le préampli Mimesis 2 est en maintenance), ampli Shindo, câbles Esprit, etc.

On connaît Paganini pour ses célèbres pièces pour violon seul, et un peu moins pour son superbe concerto pour piano (dans la grandiose version de Zubin Mehta et Maxim Vengerov).

L’introduction d’orchestre est très longue, le violon se fait désirer. Nous avions encore le souvenir vivace de la magie des Apologues sur des grandes formations. Autant dire que nous attendions beaucoup de la nouvelle installation car, avec les Dialogues on était un peu court en matière de magie… Ce qui ne leur retire rien bien au contraire. Comme ceci est répété tout au long du site, je ne  brûle pas ce que j’ai adoré.

A l’écoute de ces nouvelles enceintes, réglées par José en notre absence, nous avons de suite repéré une plus grande ampleur et  profondeur de l’orchestre mais surtout nous a -t-il semblé, encore plus de précision et de stabilité des pupitres. Etait-ce au niveau des Apologues ? Peut-être. Difficile de l’affirmer car la psychologie joue aussi son rôle dans toute perception. C’est même ce que le grand chercheur Abraham Moles, un de mes maîtres, par ailleurs cofondateur de la revue du Son, avait nommé la psycho-acoustique.

Chacun est à sa place et ne bouge jamais quel que soit le niveau sonore (désolé, c’est un des critères pour moi les plus importants). L’orchestre fait prendre conscience de ce qui était perceptible sur les autres morceaux : le rythme absolu des instruments. Au concert, on entend parfois des décalages infimes entre les pupitres, souvent  entre les cordes et les bois par exemple. Ce n’est pas dramatique et cela dépend évidemment de là où l’on se trouve. Sait-on que pendant les répétitions ou les raccords, certains chefs vont diriger l’orchestre du milieu puis du fin fond de la salle et ajustent les moments de départ des groupes d’instrumentistes en fonction de la vitesse de propagation des sons aigus plus ou moins chargés d’harmoniques et des graves (en harmoniques opposés) afin que l’auditeur perçoive le tout simultanément. C’est même une des raisons qui poussa Wagner à mettre tout l’orchestre dans une fosse invisible de laquelle tous les sons sortent ensemble (ou presque).

Bref, sur cette longue intro, les nouvelles enceintes de José fournissent un tempo ultra précis pour tous (pourvu que le chef soit à la hauteur, mais avec Mehta, on n’a aucun doute). Je ne sais pas trop pourquoi, mais parfois dans une écoute Hifi on a l’impression fugitive que tout n’arrive pas exactement au même moment, d’où un  peu moins d’émotion et à la longue une sorte de fatigue auditive ou plutôt de perte d’attention.

Là, ce n’est pas le cas, et sûrement comme Paganini l’a voulu (!) on est frais et attentif lorsque le violon se fait - enfin - entendre.

Il est là, pas trop près, pas trop loin, à la gauche du chef, devant les premiers violons. Bien sûr, tout son jeu est restitué dans sa finesse, l’orchestre en équilibre et en rythme parfait avec lui.

J’ai presque envie de dire ce que je ressens comme un paradoxe (alors que hors covid nous allions très souvent au concert) : c’est plus intense que dans une salle. En écoute Hifi de ce niveau, rien ne nous distrait : ni les gestes techniques, ni les visages des musiciens ou leur plastique… Rien d’autre que la musique. C’est souvent la limite des retransmission de concert du style Arte (mal filmé en général car trop de très gros plans ridicules) ou de Medici.TV.

Je cherche encore à comprendre les raisons de cet équilibre  incroyablement subtil du nouveau système mais ce n’est pas simple. Quant à comparer avec les Onken de José dans sa yourte (on avait écouté ce disque aussi), c’est très difficile (et que vaut ma mémoire auditive  ?). J’ai l’impression que les micro-variations de rythme sont plus sensibles. Un peu comme si les pavillons projetaient des paquets de sons (certes impressionnants) là où ces nouvelles enceintes les envoient comme plus synchrones, plus liés, d’où peut-être ce que l’on essaie de nommer par cohérence ou présence avec ces mots assez imprécis.

Ensuite, on est passé à la Deuxième symphonie de Mahler, toujours par Zubin Mehta avec Christa Ludwig.  D’abord le Sehr Langsam avec son soutènement  de basse discret mais tellement présent et la trompette au fond alternant avec la flute sans aucun mélange entre elles (c’est la première fois que c’est aussi détaillé). Des sons pleins et clairs. Le système se fait oublier totalement. Cette fois on est au concert, mais aux meilleures places et pour une représentation d’exception. Lorsque le chœur intervient, on peut chanter avec les choristes (heureusement in petto) tellement c’est précis. L’effet de voile sur les soprano est légèrement atténué mais subsiste pour le mystère. Toutes les nuances expressives sont présentes. Ce n’est plus un bel équilibre entre les cordes et l’harmonie, c’est une fusion, certainement due à la finesse et à la synchronicité du système. Toutes les informations et micro informations arrivent ensemble à nos oreilles Du coup on laisse filer le mouvement jusque’à la fin tellement on est pris par cette musique  (il fallait bien Mahler pour oser composer après Wagner non ?).

Je n’ai pas insisté sur ce que tout le monde sait déjà des grands systèmes : étalement des plans, précision de la scène, localisation des voix, précision et rapidité des attaques, en grande partie  grâce au  Shindo  qui s’en sort très bien malgré ses seulement 20 watts.

Ensuite, pour se détendre, nous somme passés à du piano Bösendorfer avec Randy Weston au Mamounia de Marrakech (In the Cool of the Evening).

Là au contraire, on est avec l’interprète, avec ses mains sur le clavier tandis que les enceintes diffusent un son d’une plénitude étonnante, un grave plein, charnu, chaloupé, puissant, viril et des aigües fortes et ciselées. On ressent la pédale de l’instrument et son jeu sur les étouffoirs. Là encore, on ne peut écouter sans être pris par l’interprétation.

Après le piano (qui est une des plus sûres références pour beaucoup) on est passé à Helen Merril dans Pierre, la chanson de Barbara interprétée presque a capella : tout y était du premier coup : placement physique derrière les  enceintes. Comme d’habitude avec les Dialogues mais avec plus de présence physique, de respiration, d’incarnation pourrait-on dire avec une rapidité des attaques égale, mais une plus grande douceur des toniques, rien d’agressif malgré une prise de son très proche de la chanteuse, on a la respiration entre les notes, un équilibre et un naturel bien meilleurs que dans certains concerts à la sono hasardeuse.

Parfois, une écoute hifi se transforme en écoute de musique. On ne détaille plus, on n’analyse plus, on prend du plaisir, et avec un beau système bien réglé, c’est très souvent le cas.

Ensuite, retour au classique avec un morceau ultra difficile : la fin du 4e mouvement du 4e quatuor à cordes de Bartok avec ses pizzicati et ses traits violents (par le quatuor Alban Berg). Et dans la foulée, le dernier mouvement avec ses attaques stridentes. La scène s’élargit, peut-être même un peu trop (c’est un effet de certaines prises de son de cette époque). Mais quelle précision, l’alto qu’on a toujours du mal à séparer même au concert, même quand on est dans les premiers rangs est bien là avec sa voix rauque toujours mesurée. Et le premier violon monte dans l’acide sans faire de cadeau, mais ça doit rester un violon, même violenté (c’est l’évocation des souffrances de la Seconde Guerre mondiale  pour Bartok). Le plus souvent, le son devient agressif, ce qui vaut mieux que les systèmes endormis ou trop filtrés  avec lesquels il reste trop doux. Toute la difficulté est là : ne pas cacher les duretés sans masquer qu’il s’agit quand même de cordes naturelles de vrais instruments de musique. Bien sûr, à ce niveau, une oreille exercée pourrait peut-être deviner de quel violon il s’agit mais ce n’est pas mon cas ! Souvent, même sur de bons systèmes, le violoncelle ne descend pas assez dans le grave ou n’est pas exactement dans le rythme qui permet de « supporter » (pardon Bartok) les excès des violons. Là, le morceau reste d’une écoute pénible, mais bouleversante. Sur ce morceau, l’amélioration par rapport aux Dialogues est flagrante. On est dans l’interprétation. On la vit. On ne peut être indifférent. On est à des années lumière des écoutes aseptisées voulant faire croire qu’on maîtrise la dureté du numérique en arrondissant les aigües et les privant de la violence qu’elles expriment parfois si le compositeur l’a voulu.

Pour finir, du plus « facile » si l’on peut dire  avec Edith Piaf. Sur ces nouvelles enceintes, son timbre si spécial qui peut vite passer pour nasillard demeure chaleureux, plein de sa gouaille. L’émotion des respirations est renforcée par la beauté des textes (« Mon Dieu, laissez-le moi encore un peu mon amoureux… »). De même avec Ferré, et dans un autre genre, le bouleversant « De tes rêves à mes rêves » de Linda Lemay.

La cause est entendue : les nouvelles enceintes de José sont pleinement réussies et ceci sans avoir à refaire toute la décoration intérieure…

Une dernière précision : toutes des écoutes se sont déroulées avec les caches ôtés. La différence avec ou sans est immense. Pour une écoute attentive et pour profiter au maximum du potentiel de ces enceintes, il faut accepter de retirer les (jolis) caches qu’il a fabriqué avec soin. Au moteur Rosita Engine, nous avons substitué Pure Music qui est décrit ci-contre.

 

Après le choc a l’espinas, que faire ?

Dans la page consacrée à la nouvelle installation réalisée par José Amengual-Serra (Vintage Audio Components, Angers), nous avons conclu par une interrogation qui n’a cessé de prendre de l’ampleur à la fin 2021 : le progrès était tellement spectaculaire que l’installation de notre domicile, pourtant bien supérieure pour la partie électronique, marquait un peu le pas pour la première fois depuis presque toujours.

Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut avoir à l’esprit quelques-unes de nos attentes  en matière de HiFi. 


Notre approche de la HiFi

Je ne suis pas de ces amateurs ou passionnés impulsifs et en permanence insatisfaits. Lorsque j’ai acquis un nouveau matériel, je reste en moyenne  longtemps, parfois très longtemps en palier avec lui, sans aucune frustration d’aucune sorte. Est-ce dû au fait que j’ai plusieurs passions onéreuses ? Que je pense toujours investissement familiaux et collectifs et pas uniquement personnels et égotiste (à quelques exceptions près quand même pour être honnête…). Ou encore que je suis très fidèle à ce que j’ai aimé ? Aux antipodes de ceux qui brûlent aujourd’hui ce qu’ils adoraient hier.

On constatait déjà chez les revendeurs, dans les salons professionnels et maintenant sur les forums cette étrange pathologie que l’on peut nommer la néopathie, le besoin d’avoir toujours du nouveau. En photo, qui est et reste ma première passion, plus importante que la Hifi parce que j’y suis actif ( et créatif ?), les boîtiers me faisaient 10 ou 15 ans en argentique et 5 à 10 en numérique. Les objectifs, au moins 20 ans voire l’éternité… Pour les montres,  c’est la même chose, mon premier chrono date 45 ans et  je le porte toujours… Pour les voitures idem (sauf quand il y avait des raisons purement fiscales). Pour la décoration et la restauration de maisons, c’est pareil et ainsi de suite. Il en est donc logiquement de même pour la HiFi.

Tout ceci est raconté en détail dans ce site avec nos évolutions successives. J’ai essayé d’expliquer la question philosophique du Beau et du Vrai en reproduction musicale pour clarifier les deux grands types d’attitudes assez fortement opposées entre les amateurs de HiFi. Nous sommes plutôt du côté du Vrai…

J’ajoute que je n’ai pas une approche trop technique du genre DIY et que je ne regarde que rarement sous le capot.

Au fond, je ne suis pas un très bon client, puisque lorsque je suis satisfait d’un produit, je ne me pose plus de questions et je reviens dix ou vingt ans plus tard !

En 2021, les choses ont basculé. Nous nous demandé comment retrouver dans notre résidence principale la magie que nous avions obtenue dans notre maison de campagne avec les nouvelles enceintes ?


Un artisan d’art en HiFi

Je connais José depuis 1989 et bien qu’ayant quitté Angers, nous ne sommes jamais perdus de vue. C’est lui qui a  été à la base de toutes les améliorations successives en matière de Hifi, mais comme je l’ai dit plus haut, avec des paliers très longs. Ainsi, le merveilleux petit ampli Goldmund SRA acheté en 1998 chez lui a été en service continu jusqu’en 2016 :  18 ans de fidélité ! Et il est en retraite active en Ardèche… Heureusement que José avait d’autres clients…

Il fait partie de ces perfectionnistes exclusifs qui, lorsqu’ils s’attaquent à une question, doivent tout en connaître. Tout en ayant de premières expériences de fabrication et de solides compétences en électronique, il s’est fait connaitre par la vente et l’installation des systèmes performants puis prestigieux avec de très belles marques, allant des petites enseignes britanniques, Musical Fidelity, Linn, Naim jusqu’à Apertura, Goldmund et quelques autres.

Pour l’avoir connu depuis une trentaine d’années, je sais qu’il proposait toujours des améliorations à ses clients allant de l’importance du sens des prises d’alimentation, de la position précise des enceintes, du rôle déterminant de la déco jusqu’aux moindres câbles et aux interfaces, sans parler de la pollution du secteur et aujourd’hui de celle des ondes électromagnétiques qui sont très présentes dans nos demeures.

Dès les années 1990, il a réussi à mettre au point ses fameux accordeurs Hippocrène (cf. la page qui les décrit). Mais ils furent difficiles à vendre car les clients rechignent à mettre de l’argent dans ce qui se voit pas ou ne se pilote pas…En plus, le concept fut copié par des opportunistes qui croyaient pouvoir les reproduire facilement… Et pourtant, quel résultat extraordinaire et immédiat.  Et quel dommage qu’ils soient devenus introuvables.

Au fil des années, ce furent des recherches de plus en plus poussées sur les comportements vibratoires et sur les filtres avec la mise au point d’interfaces ou de câbles performants.

C'est dans la décennie 2010 que les choses évoluèrent beaucoup pour lui avec l’aventure des pavillons. Tout commença par l’achat au Japon de moteurs Onken et de leurs complexes structures en bois au moyen de négociations en anglais dont je me souviens encore avec émotion. Il fallait prendre le risque de payer fort cher à distance ce que je considérais être des ruines ou des antiquités sympathiques mais sans plus. Au moins jusqu’à les avoir écoutées… C’est là qu’il s’équipa et se forma en tables de CFAO et monta un véritable atelier de FabLab, d’ailleurs ouvert à toutes sorte de collaborations concernant des projets de concepteurs HiFi mais aussi d’autres types de projets complexes demandant des découpes ou des façonnages ultra-précis.

C’est ainsi qu’il refabriqua intégralement des ensembles monumentaux à pavillons, qu’il les régla et les installa (ce qui n’est pas le plus facile, car le WAF rôde toujours et pour les pavillons, ça se comprend tout de suite…)

Certains ont suivi ses aventures dans le forum « Les superbes systèmes de José » sur LS3-5A.

Plus récemment encore, il a franchi un pas décisif. Comme les artistes d’autrefois, après avoir copié  les «ancêtres» il a volé de ses propres ailes en concevant de A à Z de nouveaux systèmes au prix d’un retour à des formes plus conventionnelles et plus logeables que les pavillons.

Je crois pouvoir dire que j’ai suivi pratiquement toutes les grandes évolutions de son système amiral, de sa référence quasi absolue au fil des années : les extraordinaires Goldmund Apologue.
Pour la petite histoire, voici une anecdote qui rappellera  Léonard de Vinci et la Joconde (belle comparaison n’est-ce-pas ?). Un jour, après les avoir vendues, il les a récupérées - lui en les rachetant - alors que Léonard se contenta d’avoir la Joconde dans son atelier grâce à la bienveillance de François 1er. Vis-à-vis de ces enceintes qui ont accompagné sa vie, José est resté dans une sorte d’attitude d'attraction/répulsion : leur esthétique hors normes (exposée au Moma de New York en 1987) et leur histoire l’ont toujours fasciné mais, au fil des ans il s’est détaché de leurs performances jusqu’à leur trouver des défauts justifiant de s’en séparer. Au moins jusqu’au cycle suivant où il s’est attaché à les améliorer pour s’en servir de nouveau comme référence à dépasser dans ses propres conceptions au format plus domestique et au tarif moins hors normes. On pourrait se livrer à une belle étude psychologique sur ses relations avec elles qui oscillent entre l’amour et la haine… Ou pire encore, l’indifférence. Heureusement, elles accompagnent et aiguillonnent ses recherches de perfection sonore.

Blague à part, ces enceintes au design et aux performances exceptionnelles m’ont toujours fasciné. Depuis qu’il les possède, il les a démontées des tas de fois, tout refait à sa sauce, et surtout, plus récemment en changeant radicalement tous les filtres et en leur ajoutant quelques innovations de son invention. Le résultat mériterait à lui seul un compte rendu.

Et il faut dire que leur écoute dans la célèbre yourte avec des amplis vintage Shindo ou de vieux MC Intosh des années 1955/60 ne fournissant pourtant que quelques watts est époustouflante. Ces vieux amplis qu’il améliore en changeant des composants importants donnent des résultats absolument étonnants.

Donc, après avoir beaucoup réfléchi (car il s’agit pour notre bourse d’investissements quand même conséquents), nous nous sommes décidés à lui confier la conception de nouvelles enceintes devant remplacer nos éternelles Dialogues Goldmund avec lesquelles nous avons 25 ans de vie commune, ça compte…

On verra ci-dessous le avant/après et quelques vues de ces enceintes dans leur environnement.



Le bleu a remplacé le noir ! Et les volumes sont différents. Même si nous  étions assez sûrs de nous, nous avons demandé son avis à une décoratrice. La chance a voulu qu’elle valide l’idée…



Cette nuance de bleu varie constamment en fonction de l’éclairage, comme la bibliothèque qui tapisse toute la pièce. C’est ce que nous attendions aussi.
Vue arrière.  Le caisson de basse est sablé sur sa face arrière. Le satellite contient les filtres sur l’arrière d’où les câbles (Esprit) qui les relient.

Vue depuis la salle à manger.


Vue depuis le canapé du grand salon.


A la tombée du jour, les bleus changent complètement de teinte. Et pour une meilleure écoute, les caches sont retirés.


La position d’écoute le soir…


L’intégration dans la pièce… Heureusement, le WAF est élevé…

Ci-dessous, le bornier.




Les accordeurs Hippocrène sous le satellite.


Pure Music (Channel D)

Il s’agit d’une de ces interfaces audio qui se connectent sur iTunes en récupérant l’adressage des enregistrements et en lui substituant leur propre «moteur» de traitement du signal. Rosita Engine fait de même. C’est astucieux de conserver la convivialité de iTunes pour obtenir un meilleur son.

Pure Music est un soft payant (dans les 150 €) qui offre énormément de possibilités - malheureusement très complexes. Son ergonomie n’est pas fameuse et l’interfaçage avec Remote sur iPhone ou iPad n’est pas toujours réactive.

Malgré ses défauts, il améliore le son de façon assez convaincante. J’ai fait des tests assez complets et dans l’ensemble, il est très efficace  en donnant une plus grande présence aux interprètes. Les instruments sonnent plus clair. C’est un peu comme si on augmentait le contraste en photo. Ce qui donne une amélioration subjective de la netteté. Je ne sais pas si c’est équivalent pour le son, mais il y a des similitudes troublantes. Pour les connaisseurs, c’est un peu comme le développement des fichiers RAW. Lorsque je suis passé de Aperture (Apple) à Capture One (Phase One), la netteté des photos a été nettement améliorée. Le gain était spectaculaire.

Voici un exemple visuel de ce que peut apporter Pure Music. A gauche, un cliché RAW Nikon développé dans le vieux logiciel Aperture (Apple). A droite, le développement dans Capture One. Les détails apparaissent mieux, les couleurs sont un peu plus vives comme s’il y avait plus de contraste mais sans assombrir le cliché.

Avec Pure Music, j’ai l’impression qu’on a un peu le même phénomène : le son est plus «clair» et plus aéré. D’où son succès et le fait qu’il est considéré comme un des meilleurs.

Sur un grand système hyper défini, il est peut-être possible de montrer que dans quelques cas exceptionnels Pure Music en fait un peu trop (encore une fois comme un contraste un peu poussé).

Si vous faites une écoute attentive du grand air des Parapluies de Cherbourg (bande son originale) sur Rosita Engine et sur Pure Music, l'héroïne est un petit moins juvénile avec le second. Sa voix a prix une sorte de maturité, une infime coloration. Mais soyons franc, je n’ai pas trouvé beaucoup d’autres exemples. Sur le saxophone de Stan Getz dans on merveilleux et ultime disque People Time, le son est incomparablement plus rond et riche. On peut monter très haut dans les crêtes.

En conclusion, à pat cette petite réserve, l’essayer (un mois gratuit), c’est l’adopter.









D’un prototype à une présérie

On aura compris que c’est pour sourire car, pour José, tout est réfléchi et abouti. Il trouve la bonne solution pour chacun.

Voici une comparaison visuelle entre les deux systèmes.