Les voûtes

LE MAS DE L’ESPINAS

 
 

Les voûtes de l’Espinas offrent des caractéristiques très particulières et même exceptionnelle pour l’une d’entre elles.


Les voûtes intérieures se situent sous la grange et datent vraissemblablement du XV ème siècle sans que ceci puisse être établi à coup sûr. C’est en se basant sur la facture de la taille des pierres et les raccordements aux autres éléments architecturaux  que cette période est la plus probable selon les spécialistes, mais le débat reste ouvert.


La plus basse est alignée Nord/Sud, elle est en anse de panier surbaissée et très plate. Les architectes y voient une hardiesse notable, d’autant que le sol s’abaisse de 1 mètre entre l’extrémité nord et le sud, ce qui complexifie le calcul du charpentier et la taille des pierres. De plus, l’entrée par le porche du XV ème est elle aussi quasiment horizontale, ce qui a comlexifié sa conception.

Bien entendu; elle est absolument indépendanet des murs puisque le poids doit impérativement être ramené à la verticale et ne surtout pas pousser à l'horizontale car il ln’y a aucun liant, aucun mortier.

Souvent, on construisait la voute en premier pour passer facilement les matériaux et on dressait les murs ensuite. Les voûtes de l’Espinas illustrent clairement ces techniques de construction. Elles n’ont pas bougé depuis plusieurs siècles.

Cette première pouvait abriter plus de 100 brebis.

Sa meurtière sud est asymétrique, exactement comme la fenêtre de la grange qui se situe juste au dessus.

On y entre par un porche en trois pièrres au claveau à crossettes (comme les quatre autres de la maison) et aux voussoirs à retours d’angles (comme tous les autres aussi). Il comporte un chanfrein, des filets et bien sûr la signature du tailleur de pierre.


La plus haute voûte lui est perpendiculaire. Elle jouxte la cuisine avec laquelle elle communique par une étroite porte. Les paysans la dénommaient «écurie à vaches». C’est un profil plein cintre classique, mais néanmoins très particulier.

Le premier élément notable est le raccord de coffrage en son milieu. Il fallait tellement de bois que les charpentiers en réalisaient un premier sur lequel les maçons construisaient la voûte. Une fois celle ci achevée, on descendait légèrement le coffrage pour le translater un peu plus loin et s’en resservir. Un exament attentif montre que les moellons sont soigneusement enclavés.

Cette voûte comporte un puits intérieur, en eau entre la Toussaint et Pâques, c’est-à-dire lorsque les bêtes étaient à l’intérieur.  Elle pouvait accueuillir dix à douze vaches selon les paysans qui ont connu la ferme en exploitation. Un ratelier pour les chevaux indique la présence de ceux-ci ainsi qu'éventuellement une mule.

On y entre par un porche à crossettes et à retour d’angle, mais dont le chanfrein et les signatures sont bien différents, indiquant peut-être deux périodes distinctes,mais ceci reste à voir, car il peut s’agit aussi de deux artisans différents. Son voutain est pratiquement horizontal et parfaitement réalisé.


L’élement le plus exceptionnel est le fait que la partie gauche de la voûte qui jouxte la cuisine est creuse…

C’est la paryie droite du cliché ci-contre.

Elle abrite en effet la cachette secrète de l’Espinas…

Bien sûr, il est impossible de se douter que derrière les pierres il existe une cachette maçonnée de 2 mètres de long pour 1 mètre de haut et de large… On y accède poar une simple niche, en haut de l’escalier qui conduit de la cuisine à la chambre principale.


 

Il n’y a pas que les voûtes intérieures d'exceptionnelles à l’Espinas.

La voûte de l’entrée principale l’est tout autant. Sa forme est tronc-cônique pour distribuer simultanément les étables et la grange. Deux fois plus large d’un côté que de l’autre. On imagine la complexité de la charpente qui présente des planches triangulauires, un peu comme des diminutions en tricot…

Quant au tailleur de pierre il a taillé les blocs en triangle et réalisé des «fausses rangées» qui ne se terminent pas…


Le tronc de cône vu de face.




Ci-dessous, la complexité du porche et sa réalisation parfaite. A droite, l’entrée du four à pain qui est le vestige de la tour de défense du XV ème.