Une seconde famille Peule

 
 

Nous ne pensions pas qu’il y aurait autant de différences entre deux familles et c’est pourquoi nous leur consacrons un chapitre chacune.

Peut-être à cause de l’heure qui avançait ou d’une urgence agricole, nous ne reçûmes pas du tout le même accueil dans la seconde famille que dans la première.
Certes nous eumes droit au balayage rituel du sol devant nous, à la natte installée pour que nous puissions nous y asseoir. Achille et Benoit purent déguster du lait et du fromage, mais pour nous, aucun dialogue avec les patrons qui s’éclipsèrent assez vite. Il nous resta les sourires des enfants qui s'apprivoisèrent au bout de quelques minutes.

Bien sûr, on ne peut en tirer aucune conclusion, mais ce fut un peu dommage, au moins de notre point de vue.

Après tout, un Roi nous avait bien reçu ?

 

C’est aussi dans cette ferme qu'Achille distribua le reste des vêtements que nous avions apportés pour les enfants.  Après pas mal de clichés, nous partimes sans avoir connu la chaleur de la première famille.

Mais évidemmment ceci peut arriver partout - ce n’était peut-être pas le bon moment - et il n’y a pas lieu de s’en formaliser.

La présence de nombreux enfants dans les fermes a amené à s’interroger sur le taux de scolarisation des Peuls : il semble assez bas hélas malgré la gratuité scolaire (hormis les mivres peut-être ?)  et les efforts de tous les gouvernements successifs pour l’augmenter.

Une partie non négligeable de la population considère ses nombreux enfants comme une main d’œuvre gratuite… Plus une famille en a, plus elle a de chances de prospérer.

On dit même que les Peuls s’enfonçaient autrefois au plus profond de la brousse pour échapper à l’obligation scolaire. Il peut aussi y avoir des résistances autour du français, d’autant que certains intellectuels africains préconisent l’enseignement de base en langue locale.

Fausse bonne idée pour le Bénin qui compte une soixantaine de dialectes et qui a l’intelligence de privilégier le français depuis son indépendance en 1960…

A chaque fois que nous avons posé la question pour savoir si c’était une bonne chose de privilégier le français, la réponse a fusé immédiatement : bien sûr que oui.

Pour l’Etat, heureusement épaulé par des aides internationales, mais en butte à une natalité très élevée, l’Education reste un objectif prioritaire.

Sur le graphique du journal Le Monde, ci-dessous, on voit que le pays se situe dans les premiers en Afrique, à 95%, à égalité avec le Cameroun et l’Ouganda.

Pour corroborer ceci sur le terrain, nous avons croisé des dizaines et des dizaines d’enfants se rendant à l’école, même loin des villes. Seules les zones les plus difficiles, comme Ganvié, ou très isolées comme chez les Peuls, sont en dessous de ces taux encourageants.


Le Bénin offre le choix entrel’école publique et des écoles privées, le plus souvent confessionnelles. Quelques-uns de nos interlocuteurs consentent de gros sacrifices pour payer l’éducation de leurs enfants dans le privé parce qu’ils considèrent que le niveau est (bien) meilleur.

Au nord, les écoles musulmanes se font de plus en plus présentes. Celles que nous avons observées présentent des indications en arabe, en ignorant le français, ce qui est en principe interdit dans un pays francophone.



Matériel : Nikon D4, Nikkor 105mm f:1,4, 14/24 mm f:2,8.



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